Le Blog de Krol

  • : J'ai ouvert cet espace afin de pouvoir parler de la littérature adulte, les livres que j'aime, ceux que j'aime moins et ceux que je n'aime pas. Les livres pour les jeunes restant sur mon site "pédago", j'y ferai peu allusion. Je me permettrai aussi quelques billets d'humeur... Et j'espère pouvoir dialoguer ainsi avec tous ceux qui liront ces pages. Alors, merci de laisser plein de remarques...
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 12:43

raison tuer

 

Livre lu grâce à Babelio, dans le cadre de la sélection de Masse critique

 

 

 

« Je n’ai pas eu le choix, pardon. »

 

Ce roman, c’est d’abord une construction. Le livre se déroule sur une journée, deux lieux et suit deux personnages qui ne se croiseront qu’à la toute fin.

L’une, Laura, a l’intention de se suicider à la fin de la journée. Sa vie n’a plus aucun intérêt depuis que son mari l’a quittée, que ses deux enfants sont partis. « Non, en réalité, elle croit qu’elle était faite pour être femme au foyer et mère de famille. Que c’était cela, son identité profonde, sa vocation. Toute autre situation lui apparaît comme une incongruité. » Aujourd’hui, elle étouffe, elle n’existe plus.

L’autre n’a pas l’intention de se tuer, il doit juste apprendre à vivre autrement depuis le suicide récent de son fils. Apprendre à vivre avec cette absence. En attendant, aujourd’hui, il doit enterrer son fils.

 

Ce roman, c’est aussi un ton, loin des larmes (même si parfois quelques images un peu faciles pointent leur  nez), tout en retenue, un ton sobre mais efficace. D’aucuns pourraient trouver ça froid. Moi, il me convenait parfaitement, je n’aurais sûrement pas aimé ce roman s’il avait dégouliné de bons sentiments et de larmes faciles.

 

C’est aussi l’histoire de deux solitudes, au milieu de l’effervescence générale créée par l’élection de Barack Obama (c’est le jour des résultats), deux solitudes qui nous permettent de réfléchir sur les relations entre les être humains, deux êtres qui nous renvoient notre propre image, deux être ordinaires.

 

J’avais beaucoup aimé Son frère mais moins d’autres romans de cet auteur, alors j’avoue que j’ai ouvert ce livre avec une certaine appréhension. Le titre, d’abord, me faisait craindre un côté pleurnichard. Et puis j’ai eu peur, tout au long du livre, que la fin soit trop gentillette, genre « je veux me suicider mais je rencontre l’amour à l’avant-dernier chapitre, ce qui m’empêche de le faire. » Que nenni !

 

J’ai tourné les pages avec plaisir, sans lassitude, j’ai suivi ces deux personnages qui vivaient là la plus longue journée de leur existence, avec un intérêt croissant mais aussi curieux et méfiant (voir paragraphe précédent).

 

Ce fut un bon moment de lecture.

 

Un petit extrait :

 

 « Elle n’a pas eu tellement d’occasions pour la solitude ; non la solitude poisseuse de l’abandon, du délaissement, mais celle tranquille, harmonieuse où l’on se pose enfin, on respire, on se recueille, on est avec soi uniquement, dans un parfait retranchement. »

 

 

 

 


Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : Livres
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 17:09

Voilà un petit livre qu’on lit comme on reçoit un coup de poing. Mon seul regret : n’avoir pu le lire d’une traite.

 

C’est l’histoire d’un jeune afghan qui va subir l’exil, échapper à sa condition de « futur kamikaze », pour finalement vivre dans les rues de Paris. Quel avenir pour ce fils de paysan dans un pays détruit par les hommes, dans un pays qui n’a connu que la guerre, la peur, la violence ? Quel avenir pour cet immigré clandestin dans un pays comme la France ?

 

Hubert Haddad dépeint parfaitement la situation, avec des images justes, parfois très belles, criantes de vérité, ou encore à peine soutenables. Il maîtrise parfaitement la narration pour emmener son lecteur dans les profondeurs d’un pays laminé. C’est un témoignage terrible de ce qu’on peut faire subir à des enfants.

 

La phrase qui résume le mieux ce roman :

 

« Né dans le désastre des guerres, il portait sur lui l’empreinte des vies échouées. »

 

C’est un roman pessimiste, mais comment pourrait-il en être autrement ? Comment un enfant peut-il se sortir de ce cercle infernal de la violence ? Les images qu’il imprime au fur et à mesure qu’il grandit sont toutes plus terribles les unes que les autres. Et la dernière n’efface pas la première, elles s’empilent, elles l’envahissent, il se construit à partir d’elles. « Seul dans la nuit, Alam repousse avec une énergie de condamné le basculement d’échafaud du sommeil. Mais les images resurgissent en vrac, flambantes, déchirées. »

 

J’avais découvert récemment Hubert Haddad avec des nouvelles,  Vent printanier. Et ce roman confirme mon goût pour sa puissante écriture.

 

opium poppy

 


Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : partage
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 22:39

close up

octobre 2011, ed la branche

 

 

J’ai acheté ce roman suite aux articles de Noann, Clara et Yv. Ils m’ont donné tous trois très envie de le lire. Et pourtant je ne lis pas souvent de polars.

 

Je ne sais pas comment le dire, mais je ne suis pas entrée du tout dans ce roman. Et qu’est-ce qui m’en a empêchée ? Là est la question !

 

En fait, je crois que c’est le style. Bah oui ! On peut s’en étonner. Michel Quint a un style hors norme, tout en phrases longues, séparées de virgules, pas vraiment structurées, audacieuses, c’est sûr, mais déstabilisantes et qui m’ont rebutée d’emblée. Non, pas d’emblée, parce que j’ai beaucoup aimé les premières pages, mais un peu plus loin lorsque l’histoire se met en route. Michel Quint alterne le langage familier avec des tournures plus littéraires, et ceci parfois dans la même phrase, il mélange allégrement dialogue et narration... Ca donne un ton, certes, très vivant mais qui m’a vite fatiguée.

 

Impossible de passer la porte, je suis restée sur le seuil à observer ces personnages atypiques vivre une histoire qui ne m’a pas emballée non plus. Mais que s’est-il donc passé ? Est-ce parce que j’ai lu ce roman après Le sillon de l’oubli ? Est-ce parce que je suis résolument classique ? Est-ce parce que je l’ai lu alors que j’étais malade, affaiblie, des neurones en moins et moins concentrée que d’habitude ?

 

Que l’histoire ne m’ait pas passionnée, c’est assez normal, ce n’est pas du tout le genre de littérature que j’aime. Un homme victime d’une tentative de meurtre, qui doit se cacher pour échapper à ses poursuivants… Oui, bof, pas beaucoup d’actions malgré des personnages séduisants, très marqués, intéressants. Oh et puis je n’ai pas non plus aimé que ça finisse ainsi. L’amourette était la cerise sur le gâteau, ça a fini de m’achever.

 

Je suis déçue et je m’en veux. Je m’en veux de ne pas avoir apprécié. J’aurais dû être sensible au style de l’auteur… alors que je m’y suis perdue. Je dois être une des rares personnes à ne pas avoir été sensible à cette écriture.

 

Ce n’était pas un livre pour moi…

 


Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : Membres de Livraddict
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 13:45

"Un jour, peut-être, tu verras la mer."  Opium Poppy, Hubert Haddad, p 31.

 

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photo jlrx du 05/02/2012

 

 

Par krol - Publié dans : poèmes, citations, extraits... - Communauté : partage
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 16:32

sillage oubli

janvier 2012, Gallmeister, 335 p.

 

 

C’est un premier roman ! De ce fait, il s’inscrit dans ma participation au challenge organisé par Anne.

C’est un premier roman ébouriffant ! Il a un souffle épique rare (pour un premier roman).

 

Un gros coup de coeur !

Il se déroule à la fin du 19ème siècle au Texas et au début du 20ème. On suit l’histoire de Vaclav Skala et de ses enfants sur plusieurs époques : l’année de la mort de sa femme (lorsqu’elle accouchait de leur quatrième enfant), 15 ans plus tard, lorsque cet enfant né orphelin de mère a 15 ans et fait des courses de cheval, et encore 14 ans plus tard, le père est mort et la lumière est mise sur Karel, adulte et père de deux filles.

L’histoire n’est pas racontée de façon linéaire, on passe de 1910 à 1898 puis à 1924 pour revenir à 1910… Ainsi, les secrets enfouis, les non-dits nous sont-ils révélés peu à peu, par bribes au passé ou au présent, ce qui n’a pas le même impact sur le lecteur. Une construction parfaite !

C’est un roman âpre, violent, masculin où l’alcool côtoie les coups de poings, les garçons vivent avec un cou cassé par un harnais mais en même temps, éprouvent des sentiments indicibles. La sensibilité de tous ces hommes pointe le bout de son nez, mais avec parcimonie, l’époque est rude, l’homme se doit de se montrer fort.

Un autre personnage important du livre : le cheval. C’est le symbole de la liberté, de cette liberté qui échappe à chacun, car même lorsque les fils de Vaclav croient échapper au joug de leur père, ils retrouvent celui de leur beau-père, comme si les hommes ne pouvaient pas vivre libérés de toute attache.

J’ai été captivée par l’écriture extraordinaire de certains passages. L’auteur nous emmène dans une course de chevaux absolument époustouflante, on est sur le cheval, on est à côté avec les spectateurs, on manque tomber mais on se raccroche à la crinière, on sent le vent frôler notre visage, on est à plein galop dans le roman, on ne peut s’arrêter… ahurissant. Magistral !

Ce livre est publié chez Gallmeister, les amateurs de nature writing adoreront !

Ce passage pour ma fille, parce que cette description, c’est elle, elle à cheval :
« Il y avait néanmoins une espèce de grâce dans la manière qu’il avait de guider sa monture, une confiance désinvolte qui lui permettait de ne pas enfoncer ses bottes dans les étriers, si bien qu’il semblait n’utiliser que le bout de ses orteils, les rênes tenues délicatement entre ses doigts, un peu comme une dame manipulerait les draps les plus précieux de son trousseau après les avoir mis à laver. »

Et ce passage qui résume bien l’ensemble :
« Alors ce qui venait tout juste de s’épanouir en lui se recroqueville et jaunit sur les bords, et il comprend soudain, en l’espace de quelques secondes à la fois éphémères et éternelles, qu’un homme ne saurait oublier l’immense toile de fond de son passé, et que même l’éblouissante blancheur des champs de coton en été ne peut venir totalement à bout de la croûte stérile et dure de la terre qui s’est formée au fil des hivers. Il arrive presque à mettre des mots dessus, mais c’est une impression fugace, elle a déjà disparu : il ne reste que la certitude mordante qu’il est impossible d’avancer sans sentir la bride sur son cou, que le harnais à l’épreuve des intempéries ne se desserrera jamais, que le poids de tout ce qu’on traîne derrière soi ne peut pas s’alléger. »

Il m’a été très difficile de lire un autre roman derrière celui-ci. Je n’arrivais pas à l’oublier, ses longues phrases me hantaient et m’empêchaient d’apprécier une autre écriture, plus concise… Il a fallu que je laisse passer quelques jours sans rien, sans lire aucune ligne.


premier roman logo

 

Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : partage
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