Le Blog de Krol

  • : J'ai ouvert cet espace afin de pouvoir parler de la littérature adulte, les livres que j'aime, ceux que j'aime moins et ceux que je n'aime pas. Les livres pour les jeunes restant sur mon site "pédago", j'y ferai peu allusion. Je me permettrai aussi quelques billets d'humeur... Et j'espère pouvoir dialoguer ainsi avec tous ceux qui liront ces pages. Alors, merci de laisser plein de remarques...
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 17:04

artist.jpg

 

 

Je rentre du cinéma et j'ai envie de partager mon bonheur d'avoir vu ce film ! Mais comme je sais qu'Ameni en a déjà parlé et fort bien, je vais faire ma grosse fainéante : je vais juste mettre un lien vers son blog.

 

Et voilà :

 

The Artist par Ameni !

 

Par krol - Publié dans : cinéma
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 17:47

premier ete

2011

 

 

 

Ce livre est un petit bijou.

 

Il commence très lentement, « c’est pour ça que j’en rajoute un peu, que je brode, que je prends mon temps. », on se dit qu’on lit un roman dans lequel il ne se passera pas grand-chose, et ce n’est pas grave parce qu’il est agréable à lire, parce qu’on se sent emmené tout en douceur vers une issue qu’on ne soupçonne même pas.

 

Ce livre commence comme une caresse et finit comme une claque.

 

L’histoire est terrible, tragique mais elle est racontée avec une telle pudeur qu’on ne prend vraiment conscience du malaise qu’elle suscite qu’une fois le livre refermé, lorsque les images nous submergent, nous envahissent.

 

Une narration intelligente : la narratrice s’adresse à sa sœur. Elles se retrouvent toutes les deux à vider la maison de leurs grand-parents décédés, prétexte pour revenir sur ce fameux été passé dans ce lieu. L'auteur nous fait entrer à pas feutrés dans son univers, on ne comprend pas tout ce qui est suggéré dès le début du livre, mais l'histoire se construit peu à peu... J'ai trouvé ça très agréable d'être ballottée dans les bras de cette narratrice sans savoir où elle m'emmenait.

Des coquelicots sèment tout au long du livre des indices.  « Des coquelicots poussent dans les ornières, derrière la croix » dès la seconde page, coquelicots qui reviennent à des moments importants, qui jouent même un rôle dans l’histoire.

 

C’est une histoire à la fois cruelle, terriblement cruelle qui montre à quel point l’être humain peut être inhumain avec ses semblables, dès lors qu’ils sont différents. Mais c’est aussi l’histoire d’une innocence. A 16 ans, mesure-t-on toute la gravité de nos actes ?

 

Je suis contente, j’ai découvert une nouvelle romancière !


 

Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : Membres de Livraddict
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 22:56

ouragan-gaude.jpg

 

 

Jamais, jamais je n’ai été déçue par un livre de cet auteur. Et ce n’est pas avec celui-ci que ça commencera.

Chouette nous avons encore des romanciers français qui savent raconter des histoires sans parler d’eux !

 

Bien sûr, vous, les habitué(e)s de mon blog, avez déjà lu ce roman et je me suis dit qu’il n’était pas utile d’en faire un billet puisque le but c’est de donner envie de lire à ceux qui ne l'ont pas encore fait…

 

Mais je ne peux me taire. Ce roman m’a coupé le souffle (normal pour un ouragan me direz-vous). Le sujet en deux mots : l’ouragan qui a secoué La Nouvelle-Orléans et la Louisiane.

 

Nous suivons plusieurs personnages :

Josephine Linc. Steelson, « négresse depuis presque cent ans », c’est la voix que j’ai préférée, un vrai lyrisme, la voix de la mémoire, elle se termine en un chant qui se mêle à celui d’une autre femme noire, Rose, celle qui depuis six ans ne vit plus qu’une existence terne et ravagée. Il y a aussi la voix d’un révérend, étonnante, illuminée, celle d’un détenu qui a réussi à s’évader de sa prison avec un groupe d’hommes mais pour quelle liberté, et puis celle de Keanu, meurtrie mais qui va redonner du sens à son existence en rejoignant Rose.

 

L’ouragan va permettre à tous ces personnages de se croiser, fugitivement, ou définitivement.

 

Magnifique roman polyphonique, il y a une vraie musicalité dans ce livre-là, la fluidité de la langue, l’enchaînement des voix, parfois entremêlées, les longues phrases seulement ponctuées de virgules, m’ont littéralement envoûtée.

 

C’est beau et cruel, c’est fort et violent, c’est puissant, c’est magique. Quelle débauche d’adjectifs pour essayer de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti à la lecture de ce texte…

 

« Moi, Joséphine Linc. Steelson, pauvre négresse au milieu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule, mais j'ai hâte, car il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu'un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d'une petite existence. »

 

« Après tout. Les hommes ne sont rien mais l'ont oublié depuis si longtemps que chaque soubresaut de la terre leur semble être un cataclysme. Ce n'est qu'un mouvement de vie plus sourd, plus lointain que le leur. Quelque chose au regard duquel leur vie d'homme n'est rien et ne compte pas. »

 


 

Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : Membres de Livraddict
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 13:22

neiges-kili.jpg

 

 

J’aime beaucoup le cinéma de Guédiguian, un cinéma social, authentique, honnête. Je suis donc allée voir celui-là confiante. Et j’ai eu raison.

  


Un résumé rapide : Michel et Marie-Claire, un couple de syndicalistes, vivent heureux, et s’aiment. Pourtant Michel a perdu son emploi. Mais il a l’air de supporter (plus ou moins bien) l’épreuve en décidant de s’occuper de ses petits-enfants. Un jour qu’ils jouaient aux cartes avec leurs plus proches amis (une partie de cartes assez drôle d’ailleurs), deux jeunes hommes cagoulés font irruption chez eux, les attachent, les violentent, et leur piquent leur argent. Et tout bascule…

 

 

C’est un film qui ose poser des questions, qui remue nos certitudes, qui nous bouscule dans notre quotidien de petit-bourgeois de gauche.

 

Qu’est-ce qui dicte réellement nos actions ? Nos idées ne sont-elles que de belles théories qui s’écroulent dès qu’un incident de parcours surgit ? Que signifie être de gauche aujourd’hui ?

 

Le syndicalisme, le conflit des générations, la précarité, la culpabilité, les idéaux, autant de thèmes abordés avec justesse et même parfois avec humour.

 

Qui a raison ? Qui a tort ? Personne, bien sûr. Chacun réagit avec ses souffrances, son vécu, ses maladresses et son mal-être. Marie-Claire ne veut pas condamner, elle veut comprendre.

Les réactions des quatre personnages principaux sont très bien vues.

 

La fin aurait pu être niaiseuse mais heureusement, Guédiguian a su éviter de verser dans les bons sentiments pleins de guimauve. L'attitude des uns et des autres reste juste. Alors oui, on a envie de verser une petite larme mais elle vient de l’intérieur, du plus profond de notre être, parce que Michel, Marie-Claire, ça pourrait être nous. Ce n’est pas un artifice de réalisateur qui veut faire pleurer dans les chaumières.

 

Les acteurs sont toujours aussi crédibles, aussi attachants : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin et le jeune acteur Grégoire Leprince-Ringuet qui joue le rôle du braqueur est excellent.

 

Et puis il y a plein de petites choses qui font la réussite incontestable du film : la façon dont Michel retrouve son agresseur et puis toutes ces petites scènes qui montrent parfaitement ce que ressentent les personnages, ce qu’ils vivent.

 

C’est un film humain.

 

Et bien sûr, ensuite, il faut lire Les pauvres gens de Victor Hugo !


 

 

Par krol - Publié dans : cinéma - Communauté : partage
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 15:15

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2011

 

 

 

Etonnant ce petit roman qui dit l’absurdité de la violence, qui dit tout ce que l’homme a de mauvais en lui, de pervers mais qui finit sur une note d’espoir. « La vie continue ».

 

Une écriture totalement épurée. Pas de mots superflus, pas de longues descriptions (seulement les cigales, le ciel qui change de couleur selon le moment de la journée), un style « reportage ». Les événements sont donnés, froidement, l’auteur ose parfois un sentiment, un souvenir fugace, une remarque mais sans plus, juste ce qu'il faut pour nous émouvoir, pour nous toucher.

 

Ce petit livre a l’allure d’une fable dans laquelle les femmes ont un rôle fort, elles osent, elles vivent, elles se défendent et elles protègent, même si l’issue est fatale.

 

J’ai un drôle de sentiment d’insatisfaction après cette lecture, peut-être dûe à la brièveté du texte. C’est comme si je n’avais pas pris le temps de le déguster, comme lorsqu’on mange trop vite et qu’ensuite on se dit : « mais était-ce bon ce que j’ai mangé ? et d’ailleurs qu’est-ce que j’ai mangé ? »

 

Et pourtant des images restent : la scène d’une grande violence avec le douanier, les femmes qui s’avancent sans hésiter vers les soldats, les seins gorgés de lait de la jeune femme et ce lait, tout ce lait, dernier tableau, ultime ironie de l’histoire…

 

Après avoir relu mon billet je me suis rendue compte que je n'avais pas du tout dit de quoi parlait ce roman. Ma foi, ce n'est pas grave, c'est ainsi que je l'ai découvert, sans savoir de quoi il parlait...Après tout, c'est mon impression à sa lecture qui importe, si vous voulez connaître le contenu, lisez-le ! Il n'y a que cent petites pages.


 


 

Par krol - Publié dans : littérature - Communauté : Livres
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