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janvier 2012, Gallmeister, 335 p.
C’est un premier roman ! De ce fait, il s’inscrit dans ma participation au challenge organisé par Anne.
C’est un premier roman ébouriffant ! Il a un souffle épique rare (pour un premier roman).
Un gros coup de coeur !
Il se déroule à la fin du 19ème siècle au Texas et au début du 20ème. On suit l’histoire de Vaclav Skala et de ses enfants sur plusieurs époques : l’année de la
mort de sa femme (lorsqu’elle accouchait de leur quatrième enfant), 15 ans plus tard, lorsque cet enfant né orphelin de mère a 15 ans et fait des courses de cheval, et encore 14 ans plus tard, le
père est mort et la lumière est mise sur Karel, adulte et père de deux filles.
L’histoire n’est pas racontée de façon linéaire, on passe de 1910 à 1898 puis à 1924 pour revenir à 1910… Ainsi, les secrets enfouis, les non-dits nous sont-ils
révélés peu à peu, par bribes au passé ou au présent, ce qui n’a pas le même impact sur le lecteur. Une construction parfaite !
C’est un roman âpre, violent, masculin où l’alcool côtoie les coups de poings, les garçons vivent avec un cou cassé par un harnais mais en même temps, éprouvent des
sentiments indicibles. La sensibilité de tous ces hommes pointe le bout de son nez, mais avec parcimonie, l’époque est rude, l’homme se doit de se montrer fort.
Un autre personnage important du livre : le cheval. C’est le symbole de la liberté, de cette liberté qui échappe à chacun, car même lorsque les fils de Vaclav
croient échapper au joug de leur père, ils retrouvent celui de leur beau-père, comme si les hommes ne pouvaient pas vivre libérés de toute attache.
J’ai été captivée par l’écriture extraordinaire de certains passages. L’auteur nous emmène dans une course de chevaux absolument époustouflante, on est sur le
cheval, on est à côté avec les spectateurs, on manque tomber mais on se raccroche à la crinière, on sent le vent frôler notre visage, on est à plein galop dans le roman, on ne peut s’arrêter…
ahurissant. Magistral !
Ce livre est publié chez Gallmeister, les amateurs de nature writing adoreront !
Ce passage pour ma fille, parce que cette description, c’est elle, elle à cheval :
« Il y avait néanmoins une espèce de grâce dans la manière qu’il avait de guider sa monture, une confiance désinvolte qui lui permettait de ne pas
enfoncer ses bottes dans les étriers, si bien qu’il semblait n’utiliser que le bout de ses orteils, les rênes tenues délicatement entre ses doigts, un peu comme une dame manipulerait les draps
les plus précieux de son trousseau après les avoir mis à laver. »
Et ce passage qui résume bien l’ensemble :
« Alors ce qui venait tout juste de s’épanouir en lui se recroqueville et jaunit sur les bords, et il comprend soudain, en l’espace de quelques
secondes à la fois éphémères et éternelles, qu’un homme ne saurait oublier l’immense toile de fond de son passé, et que même l’éblouissante blancheur des champs de coton en été ne peut venir
totalement à bout de la croûte stérile et dure de la terre qui s’est formée au fil des hivers. Il arrive presque à mettre des mots dessus, mais c’est une impression fugace, elle a déjà disparu :
il ne reste que la certitude mordante qu’il est impossible d’avancer sans sentir la bride sur son cou, que le harnais à l’épreuve des intempéries ne se desserrera jamais, que le poids de tout ce
qu’on traîne derrière soi ne peut pas s’alléger. »
Il m’a été très difficile de lire un autre roman derrière celui-ci. Je n’arrivais pas à l’oublier, ses longues phrases me hantaient et m’empêchaient d’apprécier une
autre écriture, plus concise… Il a fallu que je laisse passer quelques jours sans rien, sans lire aucune ligne.
oui, la rudesse a ses charmes... Non, ici, c'est l'écriture qui m'a séduite avant tout je crois... alliée à la dureté des hommes...
Merci encore à toi d'oser lire des premiers romans. C'est grâce à ces lectures téméraires que les auteurs arrivent à se faire un nom.
A bientôt !
Ah chouette Centrino ! J'aime lire tes commentaires. Ce n'est pas si téméraire que ça, mon libraire m'avait dit qu'il était bien et j'ai une confiance aveugle en lui.
Il m'a passionnée ! J'aimerais bien lire d'autres avis sur ce roman !
Tu pourras me le mettre de côté ;)
Tu sais bien que tous les livres que tu veux t'attendent à la maison !
Oui, je viens de lire ta critique grâce à babelio ! J'ai ainsi vu que trois personnes avaient autant apprécié que moi !
Oui, pour un premier roman c'est assez hallucinant.
celui-là je vais le mettre en premier, je crois, merci Krol
Luocine
Oh dis donc, si j'ai bien compris, tu as tout ton temps pour lire !!!
J'ai hâte de savoir ce que tu en penses.
J'espère que celui-ci te plaira !
Ouaih !!! tu peux allonger ma PAL avec des livres de chez Gallmeister mais pour ça, il faut me faire venir à la médiathèque et par ces grands froids, c'est pas gagné !
Je te dirai bientôt, j'en ai dejà lu la moitié ! Pas mal pour l'instant !